Toto Guillaume, le capitaine des années fastes du makossa

"Bons Plans, Événements, Musiciens / Groupes", by: - novembre 30

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Toto guillaume par contre, échappe au stéréotype habituel. Après sa contribution aux groupes scolaires habituels, (passage obligé de tout jeune) son apprentissage musical, il l’acquiert au sein des Blacks Styls, le groupe mythique de makossa de la ville de Douala. Il en partage le leadership, pendant de longues années (70-80), avec Kotty François. Un background musical local qui sera complété quelques années plus tard, dès son arrivée en France vers la fin des années 70, par des cours suivis dans un conservatoire de musique.
Musicien s’étant formé à la dure école du cabaret, qui se distingue aussi par la spontanéité créative, il intègre donc aussi la forme plus rigoureuse de son métier, constituée par la maîtrise de l’écriture musicale et les techniques historiques occidentales de création. Il n’est donc pas étonnant de constater une évolution entre ses productions de l’époque Black Styls et celles de son installation en France, vers le milieu des années 70. Et tout cela, sans pour autant que la coloration africaine de son œuvre ne soit entamée.
Françoise : Pourquoi ne réponds-tu pas à ma flamme, Françoise/ Voudrais-tu seulement me voir mort pour que tu saches que je t’aime/ Si le Créateur pouvait de son domaine céleste consentir à descendre, et administrer la sentence, tu pourrais enfin comprendre/ J’ai si mal, si mal, Françoise, je voudrais tant que tu comprennes la douleur qui me ronge, la douleur qui m’habite, la douleur d’un pauvre misérable comme moi…

La cheville ouvrière privilégiée de l’âge d’or du Makossa

L’une des autres dimensions de Toto Guillaume, est d’être un compositeur et un musicien camerounais dont le nom et le talent ont été associés à la majorité des créations musicales camerounaises des années 80. On peut même affirmer qu’il y a très peu de chanteurs camerounais de makossa de renom, qui n’ait eu recours à son expertise dans ce domaine. En effet, que ce soient les artistes de la première vague, c’est à dire les Eko Roosevelt, Dina Bell, Joe Mboulè, Jacky Ndoumbè, Pierre De Moussy, que ceux de la vague qui suit tout de suite après, que sont Doualla Alexandre (Douleur), Salle John, Axel Mouna, Penda Dalle, Jr Nelson, Charly Nelle, Jean Claude Mbimbè etc., tous ont eu à approcher la guitare rythmique et les arrangements inspirés de Toto Guillaume. Et tout cela, au sein de ce groupe assez sélectif de musiciens camerounais doués, faisant leur beurre dans de petits studios de la région parisienne. Des instrumentistes talentueux qu’on allait tarder à surnommer, « l’équipe nationale » du makossa et dont il était le capitaine logique tout désigné.
Citons au passage les membres les plus actifs de ce groupe ; ceux qui ont contribué avec Toguy, d’une manière ou d’une autre à son rayonnement : Vicky Edimo, Jean Dikotto Mandengué, Aladji Touré, J.C. Naimro, Ebeny Donald Wesley, Lobè Valery, Jerry Manga, Fefe Priso, Kameni Kom Roger, Jimmy Mvondo, Irène Essomo, Sissy Dipoko, Charlotte Mbango, etc., Dans ces années 80-90, parvenir à manager son album par cette « équipe nationale » de makossa était pratiquement le gage d’obtention du succès de sa production.
Toto Guillaume, par la longévité de sa présence dans cette « équipe nationale » a vu la naissance en son sein de la majorité des grands tubes makossa et autres de la musique camerounaise, des années 70-90. Hits qui ont été écoutés et dansés à travers le monde. C’est en cela, qu’il est l’un des vecteurs objectifs historiques, les plus importants du rayonnement de la musique camerounaise, dite de variété, dans le monde. En effet, bien plus que Manu Dibango dont l’œuvre n’a pas toujours eu une consommation ni une destination véritablement « pensé » pour égayer sur une piste de danse, les foules camerounaises et africaines, Toto Guillaume mérite le titre d’ambassadeur incontournable du makossa en tant que musique de variétés consommée abondamment dans les dancing continentaux et extracontinentaux !
On notera d’ailleurs, comme nous l’avons dit plus haut, qu’assez bizarrement, la réduction de sa contribution musicale à cette « équipe nationale », mais aussi, la mise en veilleuse de sa carrière makossa, en solo, sonnent en fait, le glas de ces années d’or du makossa national. Années d’or, qui n’ont pas fini d’enchanter le public et de susciter un questionnement sur les raisons de leur succès et les causes de leur déclin.
Mbana nae / C’est donc toi-même qui m’a trahi/ Fifi que m’as-tu fait là ? /Tu as fait de moi un amoureux transi. Que peut-il m’arriver de pire maintenant que j’ai perdu ton amour/ Qu’il en soit ainsi, mon amour, qu’il en soit ainsi…

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